Repenser la Récupération Post-Ransomware : Un Guide Pratique Face au Chaos Opérationnel dans les GHT français

En 2025, les cyberattaques contre les hôpitaux et cliniques français atteignent un niveau sans précédent, forçant les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) à revoir leur stratégie de récupération et de cybersécurité.

Le secteur de la santé est une cible privilégiée des cyberattaques, et la France n’est pas épargnée. Les incidents récents touchant des hôpitaux et cliniques, des grands centres hospitaliers comme l’AP-HP ou le CHSF aux attaques par chaîne d’approvisionnement comme Viamedis et Almerys, ont mis en lumière la vulnérabilité de nos systèmes de santé et la nécessité impérieuse de repenser la récupération après un événement majeur. Pour les GHT, dont l’interconnexion est à la fois une force et une faiblesse, la gestion d’une cyberattaque par logiciel malveillant ne peut plus être improvisée. Elle exige un Plan de Reprise d’Activité (PRA) robuste, mais surtout, une feuille de route opérationnelle claire pour naviguer dans le chaos.

Cet article se veut un guide pratique pour les DSI et RSSI des établissements de santé au sein des GHT. Il détaille les étapes prioritaires pour une récupération efficace, en s’appuyant sur les retours d’expérience et les meilleures pratiques.

Le Contexte Spécifique des GHT : Une Vulnérabilité Accrue

La structure des GHT, conçue pour optimiser les ressources et harmoniser les soins, crée également des points de vulnérabilité critiques. Une attaque cyber sur un centre hospitalier membre peut rapidement se propager à l’ensemble du réseau, paralysant potentiellement des dizaines d’établissements de santé. La dépendance mutuelle vis-à-vis de systèmes d’information partagés (Dossier Patient Informatisé, plateformes d’imagerie, laboratoires) signifie qu’un PRA doit être pensé à l’échelle du GHT, et non plus uniquement par entité.

Les attaques récentes ont révélé plusieurs lacunes :

  1. Manque de coordination préalable : Des rôles flous en cas de crise au niveau du GHT.
  2. PRA obsolètes ou non testés : Des plans qui ne reflètent pas la réalité des menaces actuelles.
  3. Priorisation inadaptée : Une difficulté à définir rapidement quels systèmes sont absolument critiques pour la continuité des soins.

Face à ces constats, une organisation rigoureuse s’impose : la réponse à la crise doit être décomposée en phases claires, où chaque minute compte.

Phase 1 : Détection et Endiguement – Le Temps est une Ressource Critique

Dès la détection d’un logiciel malveillant (ransomware, wiper, etc.), la première urgence est d’isoler les systèmes affectés.

Phase 2 : Priorisation de la Récupération – La Continuité des Soins avant Tout

Dans un établissement de santé, tous les systèmes sont importants, mais certains sont vitaux. La priorisation est la clé d’une récupération efficace. Voici une hiérarchie typique, mais qui doit être adaptée à chaque GHT :

Phase 3 : Reconstruction Saine et Renforcement de la Cyber-Résilience

La récupération ne consiste pas seulement à restaurer les données, mais à reconstruire un environnement sain et plus résilient.

Le Rôle Crucial des Solutions de Sauvegarde Immuables

Dans ce contexte, les solutions de sauvegarde jouent un rôle central. Une récupération rapide et fiable dépend de la qualité des sauvegardes. Les sauvegardes immuables, c’est-à-dire qui ne peuvent être ni modifiées ni supprimées, même par un attaquant, représentent une nécessité incontournable. Elles garantissent une source fiable pour la récupération, même en cas de cyberattaque sophistiquée.

Conclusion

La cybersécurité des GHT est un enjeu de santé publique. Une cyberattaque par logiciel malveillant n’est plus une question de « si », mais de « quand ». En adoptant une approche proactive, en priorisant la récupération des systèmes critiques pour la continuité des soins et en investissant dans une cyber résilience durable, les hôpitaux et cliniques des GHT français peuvent non seulement survivre à une attaque, mais en sortir renforcés. Le PRA doit être un document vivant, régulièrement testé via des exercices de « table top », et adapté aux menaces de l’industrie 4.0 et aux exigences réglementaires comme le Cyber Resilience Act. La résilience opérationnelle est la clé pour protéger les patients et l’intégrité de notre système de santé.

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